Guy Carpier, d’étudiant à directeur, histoire de vie d’un amoureux de l’Icam

Rencontrer Guy Carpier, c’est comme se replonger dans l’histoire de l’Icam. Propulsé au campus de Lille en 1956, après une année à Saint-Geneviève (Versailles), Guy Carpier s’est immédiatement attaché à cette école.

A 87 ans, Guy Carpier (60 Lille) ne cache pas sa fierté d’avoir été le premier directeur laïc de l’Icam, 20 ans après y avoir siégé comme étudiant. 

Il devient delégué de promo dès sa première année puis président des élèves en troisième année, “je me suis éclaté pendant toutes ces années”, se souvient-il.

Alors une fois le diplôme en poche, l’ancien élève veut garder une attache avec l’école et intègre le conseil de perfectionnement de l’école, le tout en continuant son brillant parcours ; à Supélec de 1960 à 1962, puis le tout jeune Institut européen d’administration des affaires (Insead), avant de rejoindre la Marine pour effectuer son service militaire. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il réceptionne le chantier électrique du Fort de Brégançon, où il y rencontre un certain Général de Gaulle. La suite s’écrit dans l’aéronautique où Guy Carpier travaille sur le conditionnement d’air dans les avions et du système de jaugeage de carburants, notamment sur le Concorde. 

Mais l’Icam n’est jamais très loin et il rejoint le comité exécutif de l’école jusqu’à devenir directeur de Lille en 1980, comme premier laïc à diriger l’Icam. “C’est en devenant directeur que j’ai découvert à quel point l’enseignement à l’Icam était une richesse que je n’avais mesuré en tant qu’étudiant, se rappelle l’ancien directeur. La pédagogie jésuite et la spiritualité ignatienne sont des trésors que j’ai découverts en revenant en 1980 à Lille. Et c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité développer l’Icam”.

Guy Carpier entreprend de développer l’Icam au-delà du campus historique lillois, à commencer par Nantes. Un développement pas si éloigné du thème de ce numéro, “une entreprise, c’est la rencontre entre une idée ou un projet et une opportunité, raconte Guy Carpier. Ces orientations se sont traduites par les ouvertures d’écoles avec aujourd’hui 6 campus en France et 6 campus à l’étranger de l’Afrique, à l’Amérique du Sud jusqu’en Asie et le dernier arrivé à Manille (Philippines). Toujours en gardant le fondement de la pédagogie jésuite. “Nos éducateurs sont au service des étudiants. On est là pour servir et aider les étudiants à se développer, à grandir”, insiste l’ancien directeur avec fierté. Enseigner avec un mot d’ordre la ‘cura personalis’, c’est-à-dire le souci de la personne.

C’est dans cette optique que Guy Carpier a toujours recherché à développer l’Icam. Car les études sont un socle. L’ancien directeur souhaitait aussi que les études permettent aux élèves de prendre le temps et de découvrir. C’est dans cet esprit que fut lancé l’Experiment avec l’appui du Père Simon Hanrot, sur le modèle de ce vivent les jésuites pendant leur formation. “L’idée est d’inviter les jeunes à faire une expérience personnelle, de façon à découvrir autre chose que le petit coin de France où l’on vit”, explique Guy Carpier. Tout comme la retraite obligatoire en dernière année, “c’est peut-être une façon de préparer son avenir, mais là aussi, ce temps de réflexion me paraît quelque chose d’important pour inviter les jeunes à réfléchir à leur devenir. C’est typiquement jésuite, relire ce que j’ai vécu pour essayer de voir ce que cela m’a apporté”.

Un dernier conseil ? “L’école Sainte-Geneviève a pour devise “servir”, qui est magnifique. L’Icam a pour devise “finir”, et moi, j’ai toujours proposé une troisième devise que ma propre famille reprendra “tenir” car il faut tenir la route, tenir le coup, etc. Je crois que c’est ce qui m’a aidé dans mes aventures pour ouvrir les écoles à Nantes et Toulouse car il y a toujours des moments compliqués mais il faut tenir face aux autres qui peuvent abandonner. Sans jamais oublier de tenir le cap ! insiste Guy Carpier. Avant d’ajouter : “si l’Icam peut donner aux jeunes hommes ou femmes le goût d’entreprendre, nous contribueront au développement de notre société”.

Guy Carpier (diplômé de l’Icam Lille 60e promotion)
Directeur de l’Icam Lille de 1980 – 1990
Directeur de l’Icam Nantes 1990 – 2000
Directeur général de l’Icam 2000 – 2005
Président Fondation Feron-Vrau 2005 – 2010

Laisser un commentaire

  • Guy Carpier, d’étudiant à directeur, histoire de vie d’un amoureux de l’Icam

    Rencontrer Guy Carpier, c’est comme se replonger dans l’histoire de l’Icam. Propulsé au campus de Lille en 1956, après une année à Saint-Geneviève (Versailles), Guy Carpier s’est immédiatement attaché à…

    ·

  • Humains versus robots : quelle liberté ?

    Quand un pape argentin publie un texte sur l’intelligence artificielle, qui cite-t-il ? Le texte d’un essai d’un écrivain français : Georges Bernanos. La citation en question est tirée de…

    ·

  • Anne Flautre, penser le travail autrement

    Anne est entrée à l’Icam, site de Toulouse, en 2003 en tant que responsable de la formation humaine. Dimension centrale des valeurs ignatiennes, elle y développe des axes pédagogiques autour…

    ·

En savoir plus sur Icam Liaisons

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture