
Alors que l’intelligence artificielle révolutionne nos usages numériques, une prise de conscience de son impact énergétique s’impose. Avant même d’exploiter ses immenses capacités, il est essentiel de s’interroger sur sa consommation d’électricité et sa production de chaleur.
de Nicolas Pot (76 Lille), ancien Directeur de programme à la World Associations of Nuclear Operators (WANO)
Une technologie énergivore (l’électricité et quantité de chaleur générée )
Plus on a besoin de faire un nombre d’opérations par seconde important et plus on a besoin de puissance. Les interactions avec des IA comme ChatGPT pourraient consommer 10 fois plus d’électricité qu’une recherche Google classique, d’après l’Agence internationale de l’énergie. En 2026, par rapport à 2022, la hausse de la consommation mondiale électrique des centres de données, des cryptomonnaies et de l’IA pourrait s’élever à l’équivalent de la consommation électrique de la Suède ou de l’Allemagne. Quant à la chaleur produite, il faut prévoir son évacuation et sa récupération. Aujourd’hui on parle de la construction de data center d’un million de GPU (processeur graphique) nécessitant une puissance d’1GW (soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire)!
L’IA a une empreinte carbone importante
Cette électricité, il faut la produire. C’est un bien précieux nécessitant des moyens industriels très importants pour la produire, la transporter et la distribuer. À ce jour, 65 % de l’électricité mondiale produite est d’origine carbonée. Des scientifiques estiment que depuis les cinq dernières années, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 48% à cause notamment de l’IA (utilisation des centrales thermiques pour les data centers).
Vers une IA plus responsable
Face à ces enjeux, plusieurs pistes sont explorées pour limiter l’impact environnemental de l’IA. L’installation de data centers à proximité de sources d’électricité décarbonées, l’optimisation de la consommation énergétique des serveurs et l’amélioration des systèmes de refroidissement figurent parmi les solutions envisagées.
La recherche se tourne également vers des alternatives plus sobres. Les ordinateurs quantiques, qui fonctionnent avec des qubits, pourraient ouvrir la voie à des systèmes bien moins énergivores. Par ailleurs, les neurosciences inspirent le développement de matériels d’IA imitant le cerveau humain, capable de performances remarquables avec une puissance inférieure à 100W.
Sensibilisation et sobriété
La transition vers une IA plus durable ne pourra se faire sans un effort collectif de sensibilisation. Chacun doit s’interroger sur la pertinence de recourir à l’IA, et encourager une utilisation raisonnée de ces outils.
Le développement de technologies moins gourmandes et plus intelligentes est en marche. Mais leur succès dépendra aussi de notre capacité à adopter des comportements numériques responsables.
🎥 L’intelligence artificielle : un coût (de trop) pour la planète – Frédéric Bordage, fondateur de GreenIT
💡 Quelques références pour aller plus loin sur l’IA et l’énergie
- Consommation d’énergie électrique
- Les projets de data centres 1 GW et plus en France
- Datacenters : un méga-projet d’un gigawatt annoncé à Cambrai – La Voix du Nord
- France : un datacenter de 1 GW construit par Fluidstack
- Les Emirats arabes unis vont investir dans un data-center géant pour l’IA en France
- Une entreprise américaine prévoit de construire un centre de données hors réseau alimenté à l’hydrogène au Texas, d’une valeur de 8 milliards de dollars et d’une puissance de 1 GW
- Le plus grand centre de données au monde obtient le feu vert du gouvernement coréen ; l’installation nécessitera 3 GW d’énergie
- IA et mini-reacteurs nucléaires
- Une révolution chinoise sur IA et consommation énergie !
- Neurosciences, IA et consommation d’énergie

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