
À 92 ans, André Satin est l’une des mémoires de l’Icam. Il est devenu 40 ans plus tard Président de l’association de l’Icam à l’occasion du centenaire de l’école.

André Satin (58 Lille) ingénieur Icam et président d’honneur de l’association Icam Alumni qu’il a présidé de 1997 à 2002, il a été nommé au grade de Chevalier de la Légion d’honneur par le ministère de l’enseignement et de la recherche.
“J’étais au pensionnat des Jésuites à Dole, donc aller dans Ch’Nord était tout un
programme. Quand j’ai passé la porte de l’Icam de Lille pour la première fois, le préfet des études m’a dit ‘Bonjour André’. Très vite, il se sent accueilli dans cette
institution. Après un collège et un lycée jésuite, le chemin s’est fait naturellement
à l’Icam. Président de promotion, il s’engage dans la vie de l’école quitte à donner un peu trop de son temps. “J’ai eu un peu de mal à atteindre la moyenne. Même si les dernières années, mes copains me disaient d’arrêter de m’occuper de tout. L’Icam était, déjà à l’époque, un système assez libre, assez complet avec des choses différentes à apprendre. On faisait la fête, du sport, on était invités dans les booms vers Roubaix et Tourcoing”, se rappelle André. À l’époque, il organise des manifestations pour sa promotion, le bal de l’Icam ou des rencontres avec les anciens.


Dès sa diplomation en 1958, André est envoyé diriger la SAS de Keria en Algérie pour un service militaire de 30 mois. Il reviendra une fois pour célébrer son mariage avec sa femme Mady. Il rentre en 1962 à Valenciennes où va se dessiner la suite de sa carrière. Il gère la formation de 6000 personnes dans une usine sidérurgique de Lorraine Escaut. C’est chez Pechiney, groupe industriel spécialisé dans l’aluminium, qu’André va poursuivre sa carrière. D’abord en Guinée, à Fria, où il forme les collaborateurs. “On a monté un centre d’apprentissage pour les métiers mécanique, chaudronnerie, motoriste… et des formations de maîtrise et d’ingénieurs qu’on envoyait en France avant de revenir”, dit-il. Il rentre 6 ans plus tard et devient responsable des formations du groupe Pechiney aluminium pour une dizaine d’usines et près de 6000 personnes, avant de devenir responsable de la formation des 5000 cadres du groupe à Ponthierry, qu’il croise au moins une semaine par an. “Les formations tournaient autour du management, de la comptabilité, l’informatique, les ressources humaines, la capacité à être directeurs, pas de la technique”, explique André Satin. Un rôle qu’il endosse jusqu’au 30 avril 1997, date de son départ en retraite et veille de sa prise de poste comme Président de l’association.
André Satin ne s’est jamais écarté de l’école qui s’est depuis beaucoup développée en France et à l’étranger. Délégué de sa promotion, il garde un lien fort avec les Alumni. Lors du centenaire de l’école, en 1998, le travail est immense pour organiser les festivités avec les directeurs Jean-Gabriel Prieur et Guy Carpier (voir le n°104 d’Icam liaisons). Les festivités à Lille rassemblent près de 2 500 personnes avec un concert symphonique au Nouveau Siècle, une visite du Palais des Beaux-arts, une réception à Arras par le maire et futur sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe. Puis, en 2009, l’association fête ses 100 ans avec un colloque enrichi d’une centaine d’interviews réalisées par des Alumni auprès de personnalités politiques, économiques ou religieuses, et un week-end au Palais des Congrès de Versailles accueillant une participation de Michel Camdessus, ex président du FMI.
De sa présidence jusqu’en 2003, puis comme bénévole, André Satin a laissé un héritage avec la création du service emploi-carrière, grâce à sa connaissance de la formation. “L’idée est d’accompagner les ingénieurs Icam en milieu de carrière désireux de se reconvertir ou de rebondir”, explique-t-il. Un service encore proposé aujourd’hui, comme sa deuxième innovation, les voyages. Avec le soutien de Marie-Christine Bidault, André Satin entreprend de les développer pour renforcer les liens entre Icam. Deux voyages (Europe et monde) sont organisés par an, afin de se nourrir de ces expériences à l’étranger. André Satin a participé à 22 voyages, de l’Inde, pour visiter la construction du campus Icam de Chennai, à toute l’Europe, pour créer cette cohésion si précieuse pour l’association.
Car André, malgré les années passées, “croit toujours en l’Icam et ses valeurs”, liberté-confiance-responsabilité et solidarité, des mots qui résonnent en lui. “L’influence des Jésuites est déterminante. Ils ont aidé au développement de ces valeurs qui continuent à se vivre à l’Icam avec une ouverture sur l’extérieur. Il y a un accent mis sur les études et sur l’humain. Cela prépare les gens à leur vie professionnelle”, détaille André Satin. Fort de ses 15 petits-enfants, il sait que sa famille l’accompagne au quotidien, surtout sa femme Maddy qui a eu une place de choix dans la suite de ses années Icam, très impliquée dans la vie de sa promotion, oreille attentive “au moindre bobo” de ses camarades, en plus de ses innombrables engagements associatifs au service des autres.
Laisser un commentaire