
Benjamin Troublé a complété son diplôme d’ingénieur Icam d’un Mastère Spécialisé en mécanique aérospatiale à Sup’Aéro. Il a démarré sa carrière au CNES avant de rejoindre Arianespace où il occupe le poste d’adjoint au Directeur technique et qualité.

de Benjamin TROUBLÉ (98 Nantes), ingénieur Icam qui travaille à Arianespace en tant que Directeur technique et qualité
Icam Liaisons (IL) : En quoi consiste l’activité d’Arianespace ?
Benjamin Troublé (BT) : C’est un fournisseur de services de lancement spatial. Nous accompagnons nos clients, opérateurs et constructeurs de satellites, en leur proposant une solution complète pour mettre leurs satellites en orbite. Nous concevons les profils de mission adaptés à leurs besoins et définissons la configuration de lancement optimale pour Ariane 6, le lanceur lourd européen développé et fabriqué par Ariane Group, notre maison-mère. Nous pilotons également la campagne de lancement en Guyane, en coordonnant les opérations avec tous les partenaires, de l’intégration des satellites jusqu’au lancement.
IL : Quelles évolutions majeures as-tu constatées dans le secteur spatial depuis ton entrée dans l’entreprise ?
BT : Depuis mon arrivée en 2012, les marchés des satellites et des services de lancement ont profondément évolué. Le marché de l’orbite géostationnaire, d’où chaque satellite couvre une zone fixe sur le globe, historique pour Ariane 5, a diminué, tandis que la demande pour les méga-constellations – grand nombre de satellites plus petits, en orbite basse, a explosé. Arianespace a su s’adapter : nous avons contribué au déploiement de la constellation OneWeb, et participons actuellement à celui d’Amazon Leo. L’offre s’est aussi élargie, mais Ariane 6 a de nombreux atouts pour offrir à l’Europe un accès à l’espace autonome, compétitif et fiable.
IL : Quels sont les grands défis auxquels Arianespace doit faire face aujourd’hui ?
BT : D’abord, la concurrence : le marché est devenu très dynamique, et nous devons réduire nos coûts tout en conservant notre qualité de service. Ensuite la technologie : la flexibilité accrue d’Ariane 6, avec son moteur Vinci ré-allumable, nous permet de répondre à une grande diversité de missions. Enfin, la préservation de l’espace : notre dernier lanceur a été conçu pour minimiser la pollution orbitale, notamment grâce à la désorbitation de son étage supérieur.
IL : Comment vois-tu l’avenir du secteur spatial d’ici 10 à 15 ans, et le rôle qu’Arianespace pourrait y jouer ?
BT : Les constellations de satellites resteront un moteur important du marché et de nouveaux services en orbite émergeront sans doute : maintenance des satellites, ravitaillement, enlèvement de débris… Le contexte géopolitique rappelle aussi l’importance d’un accès souverain à l’espace pour la défense, la science, la géolocalisation, les télécommunications – ce à quoi répond parfaitement Ariane 6. Enfin nous préparons déjà la suite pour toujours plus d’efficacité énergétique, économique et de durabilité, aussi bien sur Terre que dans l’espace.
« Ariane 6 a de nombreux atouts pour offrir à l’Europe un accès à l’espace autonome, compétitif et fiable »





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